Tous les chemins mènent à Rousseau

Un projet de l’Espace Rousseau et des Guides du patrimoine, pour le tricentenaire

 

Présentation

Le projet Tous les chemins mènent à Rousseau se présente sous la forme de cinq promenades guidées thématiques dans la Genève du 18e siècle auxquelles s’ajoute une sixième promenade plus spécifiquement en relation avec le premier livre des “Confessions” de Jean-Jacques Rousseau.

L’itinéraire de chaque promenade, qui représente une marche d’une heure trente environ, permet de découvrir ou revoir sous un nouveau jour, des témoignages du siècle des Lumières, inscrits dans la pierre ou illustrés par une œuvre d’art.

Une série de cinq petits livres autour de ces promenades thématiques seront disponibles fin mars 2012, à l’Espace Rousseau et en librairies.

Jean-Jacques Rousseau et Genève: promenade dans le premier livre des "Confessions"
Rousseau a seize ans lorsqu’il décide, sur un coup de tête, de quitter sa ville natale, avec l’intention de ne plus y revenir. Mais Genève ne cesse de le hanter tout au long de sa vie : dans les premières expériences de son enfance genevoise se trouve en germe toute son œuvre future. Avec cette visite, nous suivrons pas à pas le jeune Jean-Jacques dans cette Genève du début du XVIIIème siècle, qu’il évoque admirablement dans le premier livre des « Confessions ».

Visite par Daniel Vulliamy et l’ensemble des guides du patrimoine

L'architecture et l'urbanisme à Genève au temps de Rousseau
Au cours du XVIIIe siècle, la population de Genève passe de 18’500 habitants à 30’000, chiffre qui correspond à un accroissement démographique de 60 %. Pour loger ce surcroît de population, Genève connaît une fièvre de construire, d’urbaniser et d’embellir tant pour ce qui est des édifices publics que pour les maisons de particuliers. La Seigneurie édifie un temple et un nouvel hôpital, elle achève la construction de l’Hôtel de ville et aménage des promenades publiques. Elle s’engage dans des travaux d’infrastructure en aménageant de nouvelles rues et en installant des égouts, des fontaines et des canalisations. L’édification d’un nouveau système fortifié, dès 1717, sera responsable d’un mouvement de mécontentement entre 1734 et 1738. Des magistrats, des banquiers et des négociants, issus de riches familles d’aristocrates et de bourgeois qui doivent leur prospérité exceptionnelle en grande partie aux activités de la Fabrique, de l’indiennerie et de la banque, élèvent des hôtels particuliers, des ensembles d’immeubles locatifs de luxe et, à l’extérieur de l’enceinte, des maisons de campagne, fortement marqués par l’esthétique française.

Visite par Evelyn Riedener

La Genève savante au temps de Jean-Jacques Rousseau
Brisant les cadres d’une morale rigide qui a dominé la vie sociale et contrôlé la production du savoir durant tout le siècle précédent, Genève s’émancipe intellectuellement, au début du XVIIIe siècle, et s’oriente vers des voies nouvelles. Jusqu’au milieu du XIXème siècle, ce développement scientifique n’est que très partiellement lié aux activités de l’Académie. La science en est encore au point où tout amateur fortuné peut s’offrir l’équipement de recherche nécessaire pour se consacrer entièrement à sa curiosité scientifique et les ressources matérielles ne manquent pas dans quelques unes des grandes familles genevoises dont sont issus de Saussure, Calandrini ou de Candolle. La nouveauté, en ce début du XVIIIe, réside dans la création d’une chaire de mathématiques. Les savants des sciences exactes travaillent de manière collective dans le cadre de ce qui s’apparente déjà à de véritables équipes de recherche. Dans le domaine des sciences naturelles, par contre, ils se rangent dans le parti de l’observation de la nature et de l’expérience plutôt que du côté des théoriciens.
Vivre et travailler dans la Genève industrieuse et commerçante de Rousseau
Prospère mais secouée par des troubles politiques, Genève, au XVIIIème siècle, commerce avec toute l’Europe et au-delà. Les acteurs de la vie économique remodèlent la ville en l’adaptant aux nouveaux besoins. Des zones artisanales se forment pour abriter les divers ateliers de l’industrie textile et de l’horlogerie. Des places sont réaménagées à côté des ports pour le commerce. L’opulence nouvelle des négociants et des banquiers se reflète dans les demeures qu’ils font construire dans la ville haute, souvent inspirées de modèles français.

La promenade proposée s’articulera autour de l’horlogerie, de l’indiennerie et des activités liées à une consommation intérieure en augmentation. Sur la rive droite, dans le quartier de Saint-Gervais, où Rousseau grandit parmi les artisans, le regard se tournera vers les derniers vestiges de ce que fut la grande Fabrique genevoise. Le parcours rappellera les activités industrielles implantées sur l’Ile et les berges du Rhône (site des moulins, battoirs, tanneries, foulons, indienneries). Dans les Rues Basses et en remontant dans la Vieille Ville, on évoquera le négoce de l’argent et le grand commerce.

Visite par Marlyse Beldi

De Rousseau à Voltaire - la pensée politique et sociale
Les bouleversements qui marquent l’époque des Lumières n’épargnent pas la Suisse. Refuge de nombreux grands esprits exilés pour raisons politique ou religieuse, Genève se trouve aux premières loges de ces cataclysmes. Dans le domaine de la pensée politique et sociale, on se trouve à une période charnière. La fin du XVIIème siècle a vu les premiers soulèvements populaires réprimés dans le sang. Un demi-siècle plus tard, la frange républicaine est renforcée par le soutien de nombreuses grandes figures, penseurs, philosophes et juristes issus de la bourgeoisie et même de l’aristocratie. Autour de Rousseau et Voltaire gravitent des hommes dont les cheminements intellectuels ont laissé des traces dans les rues de Genève et sur les chemins du monde. Des concepts comme le droit naturel, la volonté générale, la liberté individuelle sont déclinés, à tous les niveaux : religieux, juridique, politique, social, scientifique, par les nouveaux tenants de la raison.
Le pinceau et l'archet, les arts à Genève au XVIIIe siècle
Genève occupe une place importante en ce qui concerne les arts, particulièrement la peinture. La percée de Genève s’inscrit dans le sillage du renouveau artistique qu’elle connaît à partir du milieu du XVIIIème siècle avec, par exemple, la création de l’Ecole de dessin, en 1751. Celle-ci devient peu à peu une « sorte de petite école genevoise des beaux-arts ». La fondation de la Société pour l’avancement des Arts, en 1776, constitue une autre étape importante dans cet « éveil de la sensibilité artistique ». La littérature, elle, est dominée par deux « monstres » cosmopolites dont l’œuvre demeure marquée par leur relation à Genève: Rousseau et Voltaire. La place de Genève ne se borne pas à la conception artistique en tant que telle, mais aussi à sa fonction de lieu de passage et d’échanges fructueux. De leur côté, de nombreux artistes genevois ont rayonné au-delà des enceintes de leur ville.

Visite par Anna Hamilton